On nous vend du rêve.
Il paraît qu’il faut l’acheter pour le vivre.
Au marché, on ne vend pas d’objets, mais du bonheur.
N’est-ce pas qu’on s’empresse à remplacer un bien précieux qu’on a perdu?
– Bonjour madame! J’ai perdu mon bonheur. En avez-vous un autre à me proposer?
– Bien sûr! Dans quelle couleur le préférez-vous?
– Le rose. Toujours le rose.
– C’est votre jour de chance, c’est mon dernier!
– Enfin…
Le bonheur semble être un parfum volatil.
Après quelques utilisations, l’objet de convoitise est déjà périmé.
– Pardon, madame? Le bonheur que vous m’avez vendu l’autre jour ne sent plus…
– Évidemment! C’est une imitation!
– Donnez-moi alors l’original!
– Vous n’en trouverez pas ici. Il faut pour cela remonter aux origines…
On ne cherche que ce qu’on sait qui existe.
Autrement, ça ne sert à rien de chercher.
Comment sait-on le bonheur?
Comment sait-on le paradis pour ainsi en parler depuis la nuit des temps?
Sa recherche est-elle la preuve de son existence?
Il n’y a pas de preuve tangible du paradis, comme il n’y a pas de preuve rationnelle de l’Amour.
Non, l’Amour ne se prouve pas. Il s’éprouve.
On sait son existence au bien qu’il nous fait.
Et le paradis, à la joie, au bonheur, au contentement…
L’avez-vous déjà éprouvé?



